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Rubrique : {8e Congrès de l’IFA - Carrare - 2008}

in Le Monde libertaire # 1524 du 11 au 17 septembre 2008

Carrare, congrès de l’Internationale des Fédérations Anarchistes

Par le secrétariat aux relations internationales de la Fédération anarchiste

Le mardi 9 septembre 2008

C’est la sortie de l’université d’été du PS et on clame dans tous les médias que les débats et propositions ont encore été mis à l’écart au profit des manigances politiciennes et autres jeux de pouvoir…

Bien contente d’avoir été à Carrare au lieu de La Rochelle cet été, n’en déplaise aux Rochelais et Rochelaises. Mais à rassembler deux cent anarchistes du monde entier en congrès, on est plutôt rassurés par nos modes de fonctionnement, du fédéralisme à l’autogestion.

L’Internationale des fédérations anarchistes (IFA) se réunit en congrès tous les quatre ans. C’est un moment de débats, de discussions, et de décisions. Les grandes lignes des actions de l’IFA sont tracées pour les quatre ans à venir et un nouveau secrétariat est mandaté.

Cette année pour la première fois le congrès a fonctionné par atelier, sur des thèmes précis et préétablis. Ainsi, chaque fédération avait préparé des textes de réflexion sur les différents thèmes abordés : religion, anarcha-féminisme, pauvreté-exploitation-migrations, communalisme libertaire, éducation, nationalisme-fascisme-guerre-répression, et décroissance.

Chaque atelier était présenté par une fédération membre de l’IFA, puis le débat se poursuivait avec tous les participants. La Fédération anarchiste était chargée d’animer les ateliers décroissance et éducation, deux sujets de réflexion intéressant les autres fédérations, tout particulièrement en ce qui concerne la décroissance, sujet qui commence à faire son chemin ailleurs grâce notamment aux articles écrits par des militants de notre fédération.

Malgré un fastidieux mais nécessaire travail de traduction lors des ateliers, tous ont abouti à de réels échanges intéressants et la plupart à un texte de réflexion proposé au congrès en plénière. Certains ateliers comme celui sur la décroissance ont proposé des textes de réflexion assez poussés, tandis que d’autres comme l’atelier anarcha-féministe n’ont eu le temps que d’aborder un sujet pour la première fois et faire le constat qu’un plus grand travail de fond est nécessaire dans chaque fédération avant de pouvoir arriver à une analyse commune.

En parallèle des ateliers à thème, des ateliers de stratégie se sont tenus afin d’établir les grandes options qu’adoptera l’IFA pour les quatre ans à venir. C’est ainsi que pour 2008-2009 une campagne sur les centres de rétention et les personnes sans-papiers fut adoptée.

L’ensemble des fédérations s’est aussi mis d’accord sur l’envie de renouer nos contacts en Asie et d’en forger de nouveaux en Afrique, ainsi que de continuer à travailler avec les anarchistes sud-américains de plus en plus nombreux à se fédérer (des Mexicains, Vénézuéliens, péruviens et argentins étaient présents à Carrare).

Les journées à Carrare étaient longues, chaudes et intenses, mais il arrivait souvent en fin de journée que les ateliers, qui se tenaient en plein air, durent jusqu’au coucher du soleil, voire se retrouvent tôt le lendemain matin pour continuer le débat avant que la plénière ne reprenne à 9h30.

Ce congrès fut un moment parfaitement anarchiste : partage de savoirs, de langages, de cultures (et repas à prix libre, évidemment).

C’était un moment rassurant sur nos modes de fonctionnement et donneur d’espoirs sur nos potentialités.

Si la société libertaire ressemble à ces trois jours, on a d’autant plus de raisons de se demander ce que vont foutre les gens à La Rochelle…

Le secrétariat aux relations internationales de la Fédération anarchiste

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Rubrique : {8e Congrès de l’IFA - Carrare - 2008}

in le Monde libertaire # 1523 du 4 au 10 septembre 2008

Le rendez-vous des internationaux

Impressions du 8ième congrès de l’Internationale des Fédérations anarchistes – Carrare (Italie) – juillet 2008

Le lundi 1er septembre 2008

Peu d’entre nous connaissent cette ville, hormis pour son marbre réputé depuis l’antiquité pour sa blancheur et sa pureté. Et pourtant cette ville est un haut lieu de mémoire du mouvement anarchiste italien, nombreux parmi les carriers furent des sympathisants ou des militants de notre mouvement. C’est aussi une des rares villes qui, à l’initiative des partisans anarchistes, se libéra du fascisme, ce qui explique la place et la légitimité des anarchistes encore aujourd’hui dans cette cité.

C’est aussi et c’était la raison de notre présence à Carrare en juillet 2008, la ville où fut créée, il y a quarante ans, l’Internationale des Fédérations anarchistes. Pas question ici de revenir sur la nature des débats sociaux et idéologiques qui nous occupèrent durant les trois jours du 8e Congrès de l’IFA, cet article ne vise qu’à tenter de redonner l’ambiance de ce qui fut pour ceux et celles qui purent y participer un grand moment de fraternité libertaire.

En d’autres termes, il ne s’agit que d’un récit de voyage en pays d’anarchie.

La délégation française était composée de dix-huit camarades, dont cinq militantes, bien équilibrée en âge de 22 à 56 ans. Six d’entre eux venaient de région parisienne, un de Tours, un de Marseille, deux de Gap, trois de Chambéry, un de Strasbourg, deux du Vercors, un de Charente. Certes, l’ouest de l’Hexagone était sous-représenté, sans doute un effet de l’éloignement. Notre arrivée à Carrare fut l’occasion d’une grande émotion. Imaginez la place centrale d’une ville moyenne, au premier étage du théâtre communal un drapeau noir et rouge de trois mètres sur quatre avec en dessous un calicot indiquant « Union des groupes anarchistes de Carrare »... Ici, nous sommes chez nous. Ce lieu, l’espace Germinal, fut réquisitionné à la Libération par les partisans anarchistes qui en firent le siège de leur mouvement, ce qu’il est resté depuis. C’est là que se tint le congrès de la fondation de l’IFA en 1968, c’est là qu’aurait dû se tenir notre congrès mais, malchance, la bâtisse est vieille et mal entretenue par la ville. Nous fûmes donc obligés de nous replier sur le théâtre Garibaldi.Avant les travaux proprement dits, la réunion fut ouverte en plein coeur de la ville et en plein air, tout près du Centre culturel anarchiste (une bibliothèque et un lieu de réunion).

Chaque délégation présenta en public son organisation. Suite à ces prises de parole, nous partîmes tous en manifestation dans Carrare, avec drapeaux et banderoles italienne, française, bulgare, biélorusse… Là encore un grand moment d’émotion car, au delà des chants révolutionnaires repris dans de multiples langues, nous fîmes un quasi-pèlerinage anarchiste. Régulièrement, le cortège faisait halte devant une plaque commémorative où un camarade italien accrochait quelques oeillets rouges avec une simple signature : « Les Anarchistes ». Ainsi, au fil du parcours, où nous fûmes à maintes reprises salués amicalement, voire applaudis par les passants, nous saluâmes la mémoire de Francisco Ferrer, dont le buste nous rendit un fraternel salut, des martyrs anarchistes massacrés par l’armée en 1894 et celle de l’une des figures majeures du mouvement anarchiste de Carrare, le camarade Alberto Meschi… dont le monument commémoratif démontre la place de notre mouvement dans la cité. De retour par la place Sacco-et-Vanzetti, auxquels nous laissâmes quelques fleurs et quelques pensées, nous partîmes nous restaurer. L’après-midi, le travail politique commença, mais là n’est pas mon propos. Les soirées, en revanche, doivent y figurer en bonne place, car elles furent de grands moments de fraternité libertaire où, au-delà des obstacles linguistiques, l’amitié put germer. En effet, tour à tour chaque délégation fit entendre quelques chansons de son répertoire anarchiste « local » et bien d’autres furent reprises en coeur par l’assemblée car appartenant à la culture internationale du mouvement. Comment faire partager ces moments qui furent pour nous une réalisation concrète – certes limitée – de notre idéal de solidarité et de respect. Beaucoup d’émotion qui, à coup sûr, restera gravée au coeur de ceux et de celles qui en furent et qui leur a redonné le goût de l’engagement et du combat anarchistes.

La soirée se termina sur une grande place de la ville, sous l’oeil bienveillant de Francesco l’éducateur, où les chants révolutionnaires continuèrent, entrecoupés par les accordéons et les chants populaires des Pouilles, dont nous régalèrent trois compagnes italiennes.

Petite fausse note écologique, la montagne de marbre autour de Carrare est ravagée par une exploitation massive et industrielle de sa richesse. Les saignées de la dynamite et du bulldozer y sont gigantesques, et la ville est la plus polluée d’Italie. Trois mille camions par jour pour convoyer la pierre arrachée à la montagne et la poussière de marbre font de ce haut lieu de notre mémoire, une fois encore, la démonstration que notre lutte pour une décroissance raisonnée et une société libertaire sont aujourd’hui une urgence absolue.

Hugues

(Membre de la délégation de la Fédération anarchiste)

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Rubrique : {4e Congrès de l’IFA - Paris - 1986}

Luttes ouvrières, syndicalisme et A.I.T. (FAIb et UAB)

Motion de la Fédération anarchiste ibérique et de l’Union des anarchistes bulgares adoptée au 4ième congrès de l’Internationale des Fédérations anarchistes réunie à Paris les 31 octobre, 1, 2 et 3 novembre 1986

Le dimanche 31 août 2008

Les fédérations, les groupes et les individus, membres de l’I.F.A. s’engagent à soutenir par leur solidarité les sections de l’A.I.T. dans les luttes ouvrières qu’elles mènent et de contribuer à la création de telles sections dans leur pays si elles n’existent pas encore et de ne tenir aucune relation avec une organisation réformiste qui a des relations avec un parti politique et l’Etat, et pratique la lutte anti-anarcho-syndicaliste contre une section de l’A.I.T.

Fédération anarchiste ibérique

Union des anarchistes bulgares

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Dernières brèves

Rubrique : {Communiqués}

Solidarité financière avec les anarchistes contre le mur

Le vendredi 1er août 2008

Chers ami-es

Au vu des frais judiciaires grandissants de la lutte contre l’occupation menée conjointement par les Israéliens et les Palestiniens et au vu des poursuites judiciaire toujours plus importantes contre les militant-e-s palestiniens, nous nous voyons dans l’obligation d’envoyer cet appel urgent à nous soutenir financièrement. Nous demandons votre soutien pour que le groupe israélien des Anarchistes contre le mur (AATW) puisse continuer son travail et, ce qui est encore plus important, pour que nos fonds puissent aussi couvrir les frais judiciaires de nos 4 camarades palestiniens arrêtés lors de manifestations.

Depuis 2003, le groupe a soutenu la lutte palestinienne contre l’occupation israélienne et tout spécialement contre le mur de séparation israélien. Semaine après semaine, AATW a rejoint la résistance populaire palestinienne contre le mur, à divers points de la bande de Gaza : dans les villages de al-Ma’asara au sud de Bethléhem, de Beit Ummar au nord d’Hébron, à Bil’in et plus récemment tous les jours au village de Ni’ilin à l’ouest de Ramallah. Là, l’armée utilise des mesures extrêmes pour réprimer les manifestations, comme tirer à balles réelles ou mettre en place des sièges ou des couvre-feux.

Des centaines, voire des milliers de militants et militantes ont été arrêté-es et des dizaines ont été condamné-es pour avoir participé à cette lutte. Heureusement, notre groupe est défendu par une avocate dévoué, maître Gaby Lasky. Maître Lasky a travaillé sans relâche pour défendre les militants et militantes arrêté-es lors de manifestations ou d’actions directes dans la bande de Gaza ou en Israel. Bien que la défense judiciaire dont elle fait profiter AATW soit presque un travail à temps complet, elle accepte d’être payée de manière plutôt symbolique. Toutefois, malgré notre campagne de l’an dernier qui nous permis de récolter des fonds, AATW doit toujours 15 000 dollars à Maître Lasky.

Récemment, nous avons observé une augmentation des poursuites judiciaires contre nos camarades palestiniens. Par solidarité, nous cherchons des soutiens financiers pour renforcer les fonds d’AATW dédiés aux procédures légales mais aussi pour couvrir les frais judiciaires de défense des Palestinien-nes arrêtés. Tout cela vient s’ajouter à notre dette existante et à nos frais de communication, de transport et de logistique.

Nous vous encourageons à contribuer financièrement de façon à ce que puissions continuer à lutter.

Anarchistes contre le mur

Infos complémentaires sur le site http://www.awalls.org/

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Rubrique : {L’Internationale des Fédérations Anarchistes (IFA)}

8e Congrès de l’IFA (Internationale des Fédérations Anarchistes) Carrare, Italie, du 4 au 6 juillet 2008

Le samedi 14 juin 2008

En juillet prochain se tiendra le congrès de l’IFA qui marquera le 40ème anniversaire de sa fondation, en 1968, et à cette occasion nous retournerons sur son lieu de naissance, Carrare, un véritable bastion de l’anarchisme en Italie et certainement dans le monde entier. Beaucoup de choses ont changé après quatre décennies d’internationalisme anarchiste. En fait, tant de choses ont changé d’un point de vue politique, que nous avons l’impression de vivre dans un autre monde. Indépendamment de cela, la nécessité du combat libertaire et de la solidarité internationale est aujourd’hui aussi urgente qu’elle l’a toujours été. La guerre froide et le socialisme réel sont de l’histoire ancienne, le capitalisme s’est propagé sans remise en question à travers la planète entière et les frontières sont maintenant, plus que jamais, d’indestructibles murs prenant les vies de milliers de personnes chaque année, aussi bien dans le détroit de Gibraltar que dans le désert texan. Comme il y a quarante ans, un rideau de fer divise le monde, seulement, actuellement, il sépare le nord du sud. Et aujourd’hui, comme il y a quarante ans, les anarchistes du monde entier continuent à construire des outils pour s’opposer à ce système injuste, des outils pour construire un monde meilleur, un monde libertaire. L’IFA est un de ces outils.

En 1968, après les expériences du Mai français et du printemps de Prague, les délégués des fédérations anarchistes qui existaient alors en Europe se rencontrèrent à Carrare. Ils venaient de la Fédération Anarchiste de langue française, de la FA Italienne, de la Fédération Anarchiste Ibérique en exil en raison de la dictature fasciste, et de la Fédération Anarchiste Bulgare également forcée à s’exiler à cause d’un régime dictatorial, communiste dans ce cas. Sachant parfaitement bien que les luttes des travailleurs pour la liberté et la justice étaient les mêmes partout dans le monde, peu importe le type de gouvernement auquel ils avaient à faire face, ils décidèrent de passer outre les frontières et de déclarer leur solidarité mutuelle, dans l’esprit de l’engagement international et humaniste (dans le sens qui s’étend à toute l’humanité) qui a toujours été le fondement de l’anarchisme.

Aujourd’hui, l’IFA continue de garder le même esprit de solidarité et d’internationalisme, mais c’est maintenant une organisation bien plus grosse et bien mieux structurée, à la mesure de la croissance du mouvement anarchiste au niveau international. Cette évolution n’est pas seulement quantitative mais, plus important, elle est aussi qualitative puisque ensemble, ceux d’entre nous qui en faisons partie, continuons à inventer de nouvelles voies pour façonner cette solidarité internationale au-delà des distances géographiques qui persistent parfois entre nous et des murs que ceux qui nous gouvernent tentent de créer entre les uns et les autres. Les formes que cette solidarité peut prendre sont aussi illimitées que notre imagination : du soutien réciproque contre la répression à la coordination d’initiatives, à l’aide mutuelle pour des projets autogérés, au partage de savoirs et de ressources, etc. Et ce n’est pas limité aux fédérations qui font partie officiellement de l’IFA, mais cette solidarité est aussi étendue à beaucoup d’autres groupes avec lesquels nous sommes en contact, à tout ceux qui agissent pour un futur libertaire pour la planète entière.

En juillet, nous allons passer un nouveau cap en façonnant cet outil au service des anarchistes du monde. Nous nous réunirons avec des camarades de nombreuses parties du monde, de Bélarussie et d’Argentine, Bulgarie, Turquie, France, Mexique, Italie, bien sûr, Uruguay et Venezuela, juste pour en mentionner quelques-uns. Nous apporterons une attention spéciale au développement du mouvement libertaire dans les pays hors du « monde occidental » et nous espérons qu’à l’issue du congrès de nouvelles initiatives émergeront qui contribueront à sa croissance. Les autres thèmes discutés seront l’immigration, l’anarcha-féminisme, la religion, etc. Bien que rien ne puisse se substituer au travail de milliers d’anarchistes réalisé chaque jour dans tous les coins du monde, dans les rues, dans les quartiers et les lieux de travail, propageant les idées libertaires et construisant l’anarchie, nous sommes certains que la coordination et la solidarité internationale peut aider dans cette tâche. Au moins, il est bon de se rappeler que nous sommes beaucoup et que nous sommes partout.

Si vous souhaitez plus d’informations ou simplement entrer en contact, vous pouvez envoyer un mail à : IAF-IFASecretariat@riseup.net ou consulter le site de l’IFA : www.iaf-ifa.org

Longue vie à l’internationale des peuples du monde ! Longue vie à l’anarchie !

Secrétariat de l’IFA

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Rubrique : {Communiqués}

Communiqué FA sur la situation au Venezuela

Le dimanche 19 août 2007

Les Secrétariats aux Relations Internationales et aux Relations avec l’IFA de la Fédération Anarchiste, solidaires des compagnes et compagnons du Comité de Relations Anarchistes du Venezuela, diffusent le texte ci-dessous. C’est le fruit d’un travail collectif et réfléchi, qui nous offre une analyse de la situation vénézuélienne d’un point de vue progressiste et révolutionnaire. Notre geste a pour objet d’enrichir les discussions à partir de points de vue que l’on ne peut qualifier de "réactionnaire" et pour sortir de la bipolarisation des débats qui se résumeraient entre "pro" et "anti" Chavez. Merci de circuler ce texte largement dans vos réseaux.

Solidarité internationale,

Le Secrétariat aux relations internationales de la FA

Le Secrétariat aux relations avec l’IFA de la FA

Venezuela : la gauche non chaviste dialogue et réaffirme ses engagements

Le 5 août dernier, des activistes et militants de différents courants et villes du pays participèrent à un "Dialogue ouvert : Gauche non chaviste et révolution", réalisé à Caracas au siège de l’Organisation Nelson Garridos (ONG) et appelé par le journal El libertario dans le cadre de son numéro 50. Parmi les organisations présentes se trouvèrent : le Groupe de travail "Peuple et Conscience" (Maracay), Groupe Troisième Chemin, Croix noire anarchiste du Venezuela, le Centre de formation idéologique (Barquisimeto), Groupe Défenseurs du Bolivar (Barcelona), Fondation Jorge Rodriguez (Barquisimeto), Assemblée d’éducation, Connexion socialiste, Centre d’études sociales libertaires et le Vice rectorat académique de l’Université Centrale du Venezuela (UCV) ; ainsi qu’une série d’individualités impliqués politiquement dans différentes domaines du pays.

L’objectif de l’évènement fut d’ouvrir un des espaces tant nécessaires pour la reconstruction et la récupération d’un tissu social autonome de base entre les différents mouvements sociaux et populaires, fragmentés par la polarisation politique et coopté et immobilisé par l’actuel Etat vénézuélien. Un espace divers et hétérogène des différentes perspectives qui aspirent à la liberté et à la justice sociale et qui s’affrontent à l’autoritarisme. L’agenda de la rencontre fut composée de deux grandes sessions : le matin, destiné à réaliser un diagnostic collectif de la situation du pays et la suivante, réalisée dans l’après midi, pour connaitre les différentes opinions sur la façon de configurer une réponse progressiste et révolutionnaire au phénomène chaviste. La méthodologie a exclu les exposés magistraux, permettant la possibilité d’un dialogue fraternel dans des conditions d’égalité des intéressés à travers l’usage de la parole.

Le Venezuela d’aujourd’hui

Le diagnostic collectif sur la situation du pays caribéen converge sur les points de départ. Au niveau politique, le triomphe électoral du président Chavez par l’intermédiaire de l’échec du système d’alternance connu sous le nom de "puntofijismo", inauguré en 1958, a rendu possible la réalisation d’une Constituante sans changements structurels de l’Etat. En échange, celui-ci fut réorganisé en fonction de la nouvelle ère du capitalisme connue sous le nom de "globalisation économique", trouvant son origine dans la symbiose entre la démocratie parlementaire et la dictature militaire. Malgré de grandes ressources, l’Etat a été incapable de donner des réponses satisfaisantes aux besoins de la population, imposant une "paix sociale" à travers les subsides pétroliers. A rebrousse poil de la diffusion d’une inexistante "démocratie participative protagoniste", les politiques sociales ont été décrétées d’en haut, dans le cadre d’une des plus grandes concentrations de pouvoir vues ces dernières décennies et où toute initiative est du ressort exclusif du Premier Mandataire. Il fut reconnu la capacité de mobilisation du président et son charisme, ainsi que l’incarnation à travers sa figure des traditions caudillistes et militaristes présentes dans l’histoire vénézuélienne. De même que la formation d’un système d’information et de propagande gouvernemental et efficace au niveau national et international. La création de différents processus de nature répressive contre les démonstrations de mécontentement populaire et l’acculement des espaces d’indépendance comme l’autonomie universitaire et la liberté syndicale furent évoqués. Différentes interventions réitérèrent leur accord sur la présence d’un "gouvernement militariste, autocratique, immoral et pétrolier". En matière économique, un accord se dégagea sur le fait que le Venezuela se trouve dans le contexte d’une troisième globalisation, marquée par le flux de capitaux sans territoires et avec des activités qui ne correspondent pas à la production traditionnelle des biens et services. Ce processus se développe dans le cadre d’une crise pétrolière qui se décline à travers trois dimensions : climatique planétaire, de l’être humain et de la crise énergétique. Le pays approfondit son rôle dans la globalisation capitaliste, il a compté avec des ressources énormes produit des cours élevés du pétrole, permettant l’apparition d’une nouvelle élite économique, la "boliburguesia" (mot associant "bolivar" et "bourgeoisie"). Sous la revendication de "souveraineté énergétique" on rencontre un contrôle du pétrole brut par les mafias russes, cubaines et vénézuéliennes, en étroite relation avec le marché global, entrepreneurial et multinational avec une influence des Etats Unis. Pour cela, on forma les entreprises dites "entreprises mixtes" qui recouvrent des politiques de rémission. Malgré la manne pétrolière, l’exécutif national maintient la dévaluation de la monnaie, l’endettement du pays motivé par le coût élevé des dépenses publiques, et une politique d’imposition régressive, parmi laquelle l’IVA (1) est un des aspects. Ainsi, les hauts cours pétroliers ont permis une politique clientéliste basée sur des subsides à différentes initiatives sociales, pour renforcer ainsi la légitimité de l’Etat et son modèle de développement, auquel il faut ajouter l’extraction minière.

Sur le terrain social, on a déterminé que ce que l’on appelle le processus "bolivarien", au lieu d’être un point de rupture, a renforcé les dispositifs de domination globale : l’individualisme, la dépréciation de "l’autre" et de ce qui est différent, la mercantilisation du corps, le machisme, la criminalisation des minorités, le fétichisme de la marchandise et le consumérisme. Depuis 1999, on en est venu à solidifier un système juridique, administratif et militaire, qui a lié les mains au mouvement populaire et invisibilisé la gauche révolutionnaire non alignée avec le gouvernement. Il fut souligné le changement de la signification du langage par le pouvoir et le vide de sens du mot "révolution". Le tissu social, comme c’est arrivé dans des périodes antérieures de manne pétrolière, a été pénétré par le clientélisme, à laquelle on soumet l’électoralisation et la militarisation, l’action et la participation populaire en organisant un parti politique (PSUV) à partir de la formation de "bataillons". On questionna de façon réitérée les politiques traditionnelles qui, médiatiquement, se présentent comme des porte-paroles de "l’opposition" et on constata l’absence d’un discours d’antagonisme au chavisme compréhensible pour le citoyen commun. Malgré ce que la manne pétrolière a permis à la société, les résultats de ce que l’on a appelé les "missions" sont marginales et insatisfaisantes, et n’ont pas contribuées à élever la qualité de vie de la population à faibles ressources. Ceci est perçu par les bases du chavisme, qui a montré des signes croissants de mécontentements. Il en est de même pour l’augmentation de l’insécurité, perçue par la population comme un des principaux problèmes de son quotidien.

Une alternative révolutionnaire à édifier

L’architecture d’un antagonisme de gauche au chavisme fut profilée par abondance d’idées et de propositions, réitérant la nécessité d’accompagner et de renforcer les luttes concrètes et de continuer le travail que chaque initiative développe. On coïncida avec des réponses à caractère collectif, plurielles et diverses. La construction d’un discours et les canaux pour le communiquer, un programme minimum et maximum. La nécessité de reconnaître et de dépasser les erreurs des différentes traditions de gauche et ses mythes (Bolivar, ce que l’on appelle "la révolution cubaine", entre autres), dont le chavisme est un reflet. Complexifier et créer un troisième pôle sur la scène politique, échanger des savoirs et des outils. Utiliser différentes formes de communication. Réaliser une nouvelle rencontre en approfondissant des thèmes et en renforçant des affinités à la mi-août, dans la ville de Maracay. Un réseau digital se constitua et différentes publications et films documentaires sur des luttes tant du Venezuela comme du reste du monde furent distribués et s’échangèrent.

Si vous souhaitez plus d’informations sur cette initiative, vous pouvez communiquer par email : periodicoellibertario@gmail.com ou consulter : (www.nodo50.org/ellibertario).

Note 1 - IVA : Impuesto al valor agregado, taxe payée sur les achats.

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Rubrique : {Communiqués}

Solidarité - Actions pour la commune d’Oaxaca (Mexique)

Le samedi 18 novembre 2006

Plusieurs groupes organisent des activités en solidarité avec la commune d’Oaxaca durement frappée par la répression.

- Orléans : Le groupe Gaston Couté de la FA, avec le collectif des libertaires du Loiret, et la CNT, appelle à une journée d’informations libertaires au sujet de la situation à Oaxaca. Projection de film, débats, 4-pages d’informations et d’analyses.
Samedi, 18 novembre à 15h
Le Chiendent, 259 rue de Bourgogne

- Marseille : Le groupe anarchiste de Marseille de la FA appelle à manifester contre la répression à Oaxaca. Deux événements sont organisés :
Samedi, 18 novembre à 19h30
Projection-débat sur la lutte de la commune de Oaxaca
Mille Bâbords, 61 rue Consolat 13001

Et lundi, 20 novembre à 17h30
Marche Cré’active et Rassemblement de solidarité
Départ du Vieux Port vers le Consulat du Mexique

- Bordeaux : Le cercle Jean Barrué de la FA sera présent lors d’un rassemblement devant le Consul du Mexique pour protester contre un gouverneur inique et brutal et pour dire non à la répression exercée par la police, l’armée, et les paramilitaires à Oaxaca.
Lundi, 20 novembre à 17h30
Librairie Mollat (Consul du Mexique)

- Rouen : À l’initiative des « Amis du chat noir », réunion-débat sur la Commune d’Oaxaca soutenu, entre autre, par la Fédération Anarchiste.
Lundi, 20 novembre à 20h30
Maisons des associations de Rouen

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Rubrique : {Communiqués}

Solidarité contre la répression au G8 de St-Petersburg !

Le jeudi 13 juillet 2006

Alors que le G8 va s’ouvrir à Saint-Pétersbourg, où les Seigneurs du Monde décideront encore une fois à la place des concernéEs, des oppriméEs, et des pauvres et imposeront des stratégies et politiques qui profitent seulement aux plus riches et puissants, la répression s’abat déjà depuis plusieurs jours sur celles et ceux qui osent lever leur voix contre l’injustice sociale et la tartufferie politique que représentent le G8.

L’Etat russe n’est pas connu pour son respect des droits de l’homme et de la femme et, lorsque celui-ci reçoit les plus « importants » chefs d’Etat sur son sol, il s’avère que le gouvernement Poutine a donné carte blanche à son bras armé, la police, pour empêcher, intimider, et arrêter toute contestation.

Depuis une semaine les arrestations de militants et militantes en route pour Saint-Pétersbourg augmentent, les menaces faites par la police aux militantEs connuEs s’aggravent, et les lieux militants sont de plus en plus visités et surveillés par les forces de police et de l’Etat. Les arrestations se déroulent souvent sans prétexte, ou sous prétexte d’un contrôle d’identité ; elles passent dans la violence et finissent par des accusations diverses allant du « hooliganisme » au « terrorisme ».

Plus d’une centaine de militants et militantes sont actuellement détenuEs par la police russe à travers le pays et plusieurs d’entre eux n’arrivent plus à communiquer avec des personnes à l’extérieur du lieu de détention. Les gares et aéroports sont sous haute surveillance. Les voyageurs à destination de Saint-Pétersbourg sont systématiquement questionnés et découragés, y compris par la menace, de fréquenter les manifestations prévues contre le G8, notamment le Forum Social Russe qui a déjà commencé dans la banlieue de Saint-Pétersbourg. Nous ne pouvons que penser que ces atteintes à la liberté de circuler et à la liberté d’expression s’amplifieront au cours des prochains jours.

La Fédération anarchiste francophone déplore la violence et la répression que subissent les manifestants et manifestantes venuEs de Russie et du monde entier pour exprimer leur refus du système capitaliste et de tout ce qui en découle tant au niveau social, qu’économique et environnemental. Nous sommes entièrement solidaires avec à toutes celles et ceux qui luttent contre le G8 à Saint-Pétersbourg et nous soutenons leur contestation.

Contre les Seigneurs du G8 et tout ce qu’ils représentent

Pour la liberté de circulation de toutes et tous

Pour la liberté d’expression et de contestation

Pour une vraie démocratie directe, autogérée, anarchiste, et internationaliste.

Fédération Anarchiste francophone, 13 juillet 2006

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