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Comment l’Europe forteresse érige ses bastions
Nouvelles de l’Italie

Ce supplément au Monde Libertaire consacré à la question de l’immigration et des centres de rétention administrative (CRA) s’inscrit dans le cadre d’une journée d’action de l’Internationale des Fédérations Anarchistes (IFA) sur ce thème. Durant le mois de novembre des initiatives et des actions auront lieu au Royaume-Uni, en Italie, en France, en Espagne... afin d’affirmer encore et toujours notre opposition à tout enfermement, notamment celui qui consiste à priver de liberté une personne pour le seul fait d’avoir quitté son pays espérant des jours meilleurs dans nos "démocraties". Mais l’Europe et la France sont bien loin d’être des terres d’accueil, munies de leur "centres d’expulsion" (Royaume -Uni), "centres de rétention administrative" (CRA - France) ou "centres d’identification et d’expulsion" (CIE – Italie)... dont le but est bel et bien d’expulser à tout va, de faire du "chiffre", de gérer des mouvements de population. Mieux vaut parler de nombres que de personnes quand l’objectif est de gérer, de réprimer, de se débarasser d’indésirables, sans se préoccuper de leur conditions de vie ici, ni de leur devenir ailleurs ! Voici donc quelques pages pour parler de la réalité des centres de rétention, pour aborder les difficultés et les objectifs des luttes contre ceux-ci, pour apporter un regard international sur un problème mondial : la criminalisation de l’immigration. Ni Etat ni frontière ! Liberté de circulation et d’installation pour tous et toutes ! Secrétariat Relations Internationales – Fédération Anarchiste

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La « loi sur la sécurité Maroni », du nom du ministre de la Ligue Nord qui l’a proposée, a été adoptée le 2 juillet en Italie. Une loi qui marque une continuité avec les précédents gouvernements de gauche et de droite et identifie les politiques liées au monde de l’immigration et du contrôle social : des politiques qui cherchent à augmenter la répression et les pratiques autoritaires envers les immigrés ainsi que tous les autres. Aux besoins sociaux concrets, causés par la crise économique mondiale, par les taux de chômage et les flux de migrants en croissance continue, le gouvernement répond par la militarisation du territoire et par une conception politique qui renforce le développement du travail au noir et la restructuration sauvage du système économique.
Cette loi comprend deux parties, à savoir :
la première partie de cette loi est composée d’un ensemble de règles qui accroit la persécution des immigrés ; les points principaux sont la création du délit de clandestinité (un crime qui est donc lié à un état et non à un
acte réalisé) ; l’augmentation de la durée de détention dans le CIE (Centres d’Identification et d’Expulsion) jusqu’à six mois pour les immigrés clandestins ; le permis de séjour, strictement en liaison avec le travail et qui crée donc des travailleurs facilement soumis à un chantage ; la création d’un registre spécial pour les citoyens sans domicile fixe, l’impossibilité
de célébrer des mariages mixtes entre italien et non-UE sans permis de séjour et l’exclusion des immigrés illégaux et de leurs enfants de
l’utilisation de services publics comme l’éducation et la santé.
la deuxième partie réintroduit le crime d’outrage à un agent de la fonction publique, laisse les mains libres pour « les forces de l’ordre
» de réprimer impunément chacun (qui n’est plus légitime de résister, même en cas d’abus), et permet la formation de soi-disant “ronde”, escadrons de la mémoire fasciste composés de personnes qui contrôlent la ville comme un shérif du far west, pour assurer la sécurité et une lutte sans quartier contre la criminalité.
Dans cette situation difficile où des lois liberticides limitent quotidiennement l’espace et l’action pour la lutte sociale, la FAI, Fédération anarchiste italienne, réunie en conférence les 5 et 6 septembre 2009, organise sur tout le territoire italien une journée de protestations et de luttes au niveau local, le 14 Novembre, dans le cadre de la journée d’action organisée par l’IFA comme journée internationale de lutte contre les CIE et les politiques racistes et sécuritaires des Etats.
Stop aux interdictions et aux politiques autoritaires des Etats, construisons-nous un avenir sans Etat ni frontière, pour la solidarité et contre le racisme, où tout le monde puisse se déplacer, se rencontrer et s’exprimer.
« Notre patrie c’est le monde entier » 1
Comité de relations internationales de la Fédération anarchiste italienne
1. Refrain d’une vieille chansons anarchiste italienne écrit par Pietro Gori